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prog resiste (belgium)

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review by Alain Quaniers (Courtesy de Gilles Arend)

Quelle merveilleuse terre d’accueil pour la musique progressive! Il ne se passe pas un trimestre sans que des CD éblouissants viennent compléter nos collections. Ce deuxième album de Periferia Del Mondo est superbe. Le style? Le plus beau des jazz – rock progressifs qu’il m’ait été donné d’écouter, ici interprété par de très talentueux musiciens. Avec une particularité qui donne à ce group une sonorité très personnelle: la présence d’un violoniste, Alberto D’annibale et les cuivres d’Alessandro Papotto. Ce qui frappe d’emblée, c’est la maestria tranquille des six musiciens. Même dans les passages les plus complexes, ils dégagent une sérénité totale. De la légèreté presque. Bien que progressives – l’utilisation de la flûte et des claviers, souvent virevoltants –, leurs compositions oscillent entre deux pôles distincts : jazzy et rock.
Quand ils s’aventurent dans le jazz – rock, on est frappé par l’intelligence des structures et le fait qu’ils restent toujours très mélodiques. Le violoniste livre alors des sonorités qui rappellent Jean – Luc Ponty. A d’autres moments, quand ils sont plus ouvertement avant-gardistes, ils font penser à Area (Percezioni Della Memoria, et la compo éponyme). Quand ils sont plus ouvertement rock, on ne peut que s’incliner devant le coté accrocheur des compositions (Incanti e perplessità, le fantastique final de Io brucio, le riff principal du morceau éponyme). Et puis il y a ces merveilleux intermèdes acoustiques d’une grande délicatesse (Cercando la via). C’est incontestable, ce groupe pratique l’art du raffinement musical et délivre une musique qui se déguste avec ravissement. Une pièce en particulier me semble être la quintessence de leur style: Espresso (parte 2). Après une intro assez évanescente, la formation adopte un rythme jazz soutenu sur lequel s’épanchent alors claviers, guitares et sax dans des tonalités canterburiennes. On voudrait que jamais cela ne s’arrête……
Ce qui ne gâche rien, c’est la somptueuse présentation du CD et marque de fabrique du label Akarma. Double folder cartonné avec photos intérieures et livret avec les paroles (toutes es italien, ce qui ajoute encore un petit plus à la musicalité générale). Un bien bel objet! Raffiné et classieux, cet album est un autre gros coupe de cœur du trimestre. 

Alain Quaniers